Présentation

Après des études supérieures en lettres modernes, j'ai effectué un retour à la terre dans les années soixante-dix, me consacrant au maraîchage puis à l'oléiculture. www.adolive.com 

Inspirée par cet arbre mythique qu'est l'olivier, j'ai éprouvé le besoin de décrire la relation qui nous unit afin de transmettre les leçons de sagesse, d'amour et de beauté, qu'il insuffle à ceux qui se donnent la peine de l'aider à prospérer.

A la parution de mon premier livre j'ai adhéré à  l'association internationale des écrivains et artistes paysans (AEAP), que j'ai l'honneur de présider aujourd'hui.
Site: www.ecrivains-paysans.com 
Blog: http://blog.ecrivains-paysans.com 

Vous trouverez ici mes publications que vous pouvez vous procurer également sur notre boutique en ligne, ainsi que l'annonce des manifestations auxquelles je participe.

Merci de votre visite, n'oubliez pas qu'un petit message, laissé sur la page contact, me fait toujours plaisir.

A bientôt,

Jacqueline

Cadeau: Pour 3 livres commandés, le CD du conte "Le Roi des oliviers" lu par Ana-Paola Bernard.

 

Un texte chaque mois

Andaluces de Jaèn

 

En Andalousie, je voulais aller à la rencontre des aceituneros altivos de la chanson de Paco Ibanez.

Bien sûr, j’ai été impressionnée par l’étendue des paysages oléicoles, par ces mers d’oliviers où l’argent se découpe sur des terres rouges ou blanches. Mais là, les oliviers règnent en triomphateurs sur une terre vaincue, neutralisée, réduite à l’état de substrat. Une terre tailladée, éventrée par les torrents de pluie que ne retient plus aucune herbe. On y avance dans la puanteur acre des margines (celles des années passées puisque la récolte n’était pas encore commencée). L’horizon est bouché par l’accumulation des fumées des usines de transformation des grignons en engrais, ou en énergie électrique (voir photo). Les champs, à perte de vue, sont vides. Seuls, par endroits, quelques travailleurs immigrés coupaient les rejets autour des arbres en vue de la prochaine récolte. Où étaient donc passés mes andaluces de Jaen ?

J’ai eu la réponse, à Jaen…

La fête del Dia de la Hispanidad battait son plein avec son concert de flutes, tambours et cornemuses, ses «locos» déguisés qui haranguent la foule, ses étals multicolores, ses immenses braseros où rôtissaient toutes sortes de viandes, ses femmes en robe andalouse, superbement parées, coiffées et maquillées. Soudain, sortant de la foule, il s’est approché de nous : un vieillard aux yeux malicieux, appuyé sur sa canne.

-         Vous m’avez appelé ?

-         Non, pas du tout.

-         Alors, vous avez dû parler de dimanche, et comme je m’appelle Domingo… Vous savez, j’habite à Jaen maintenant mais je viens de la campagne.

-         Vous avez des oliviers ?

-         J’en avais plus de 300 000.

-         Moi, j’en ai 500.

-         Es nada ! (m’en souviendrai à la prochaine récolte !) 

-         Vous cultiviez quelles variétés ?

-         Toutes sortes, mais ce n’était pas comme maintenant. Rien n’était pareil. On travaillait pour manger et c’est l’olivier qui nous faisait vivre, il fallait s’en occuper du mieux possible. Puis les français (pieds-noirs ?) sont venus avec leur argent, avec leurs méthodes et tout est devenu différent. Il fallait travailler le moins possible pour faire beaucoup d’argent. L’olivier, ce n’était plus qu’un moyen de faire de l’argent.

« No los levanto la nada, ni el dinero ni el senor,
Sino la tierra callada, el trabajo y el sudor.
Unidos al agua pura y a los planetas unidos… »

J’en avais assez entendu. Il a continué sa route en continuant de maugréer. Moi, j’avais rencontré un andalouz de Jaèn, un vrai, un aceitunero altivo… comme on n’en fait plus. Et j’étais infiniment triste.

 

 

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