Présentation

Après des études supérieures en lettres modernes, j'ai effectué un retour à la terre dans les années soixante-dix, me consacrant au maraîchage puis à l'oléiculture. www.adolive.com 

Inspirée par cet arbre mythique qu'est l'olivier, j'ai éprouvé le besoin de décrire la relation qui nous unit afin de transmettre les leçons de sagesse, d'amour et de beauté, qu'il insuffle à ceux qui se donnent la peine de l'aider à prospérer.

A la parution de mon premier livre j'ai adhéré à  l'association internationale des écrivains et artistes paysans (AEAP), que j'ai l'honneur de présider aujourd'hui.
Site: www.ecrivains-paysans.com 
Blog: http://blog.ecrivains-paysans.com 

Vous trouverez ici mes publications que vous pouvez vous procurer (France métropolitaine uniquement), ainsi que l'annonce des manifestations auxquelles je participe.

Merci de votre visite, n'oubliez pas qu'un petit message, laissé sur la page contact, me fait toujours plaisir.

A bientôt,

Jacqueline

 

 

La France agricole La France agricole [1.246 Kb]

À paraître prochainement : Paysannes sur la Côte d'Azur

À paraître prochainement : Paysannes sur la Côte d'Azur - Jacqueline Bellino

Mémé, Maman et moi, trois femmes paysannes du Pays niçois qui avons parcouru le vingtième siècle dans l’ombre des palmiers et des palaces de la Côte d’Azur.

De 1897, année de naissance de Mémé, à 1997, année où je devins grand-mère, les petites histoires de nos vies se fondent avec l’Histoire de notre Comté.
Immigrations, guerres, Mai 68, casse du siècle et malversations politiques, évolutions des mœurs et des mentalités, grandeur et décadence de l’agriculture, sont ici observées par le petit bout de la lorgnette, par le regard de gens simples, bien arrimés à leur terroir.

 

Ce livre sera publié dans le courant de l'été prochain. Vous pouvez d'ores et déjà le commander:

 

Un texte de temps en temps selon l'humeur du moment

Rencontre

Paix et sérénité.

Jouissance de la fraîcheur des sous-bois de montagne en plein cœur de l’été.

Le sentier large et facile ondule au rythme de la descente. De temps à autre, vers l’aval, quelques trouées entre les fûts bien alignés nous révèlent des paysages insoupçonnés, vastes ou abrupts, toujours grandioses. Nos pas martèlent le temps, un temps linéaire que rien ne semble devoir troubler. Nandi nous précède, la truffe collée au sol pour débusquer d’invisibles intrus.

-         Il faut prendre à gauche pour rejoindre le village, me lance Monique qui me suit.

Je tourne et tout bascule. Le calme se trouble devant l’incongru, l’inattendu, le paranormal.

A quelques mètres de moi, un gros chien. Je m’entends dire :

-         Attention, il y a un gros chien !

Pourtant je devine que ce sont là des mots banals pour une situation qui ne l’est pas. 

L’animal est replié sur lui-même et tapi contre le talus comme s’il voulait s’y fondre. Sa position et sa fourrure épaisse et claire, chinée de gris-beige-blanc évoquent un bonhomme de neige. Un bonhomme de neige au yeux perçants, charbons ardents qui me fixent intensément, d’un regard à la fois inquiet et inquiétant, un regard inquisiteur sans pitié qui m’hypnotise.

J’ai peur alors pour Nandi. Je crie aux suivants « Tenez Nandi ».

Dérangé dans sa retraite, il se lève et se campe au travers du sentier. Seigneurial. Il nous toise et je remarque sa croupe fuyante prolongée d’une queue particulièrement touffue qui se redresse près du sol.

Alors que derrière moi Monique pousse des « Oh ! Oh » d’émotion et de crainte, je comprends soudain que nous n’avons pas affaire à un chien mais à un animal sauvage. Je balaie les images improbables de renard géant ou d’hyène qui m’assaillent pour me rendre à l’évidence :

-         C’est un loup !

-         Un loup ! Mais oui, c’est un loup ! hurle Monique derrière moi, vite rejointe par Lionel alors que Gilles arrivera trop tard pour le spectacle.

Tranquillement, notre Ysengrin s’éloigne sur le sentier jusqu’au bout de sa ligne droite où nous le verrons se fondre dans les taillis, nous laissant perplexes et sidérés.

Pendant quelques instants nous venions de quitter le réel, le normal, le quotidien, le banal, pour entrer dans l’espace intemporel et merveilleux des légendes qui ont façonné notre enfance, tous prêts à découvrir sans étonnement au détour du chemin le Petit Chaperon rouge, les nains de Blanche-neige ou le cercueil de la Belle au bois dormant.

Les jours suivant, qu’il fut difficile de redescendre sur terre ! Mais au fait, en suis-je vraiment revenue… Il reste devant moi, alors que je vous parle, un regard énigmatique et fascinant qui continue à me fixer et ne me quittera plus.